Sommaire :
Au-delà de la sidération et de la colère
Des questions se posent : un praticien a-t-il le droit de refuser un rendez-vous dans un tel cas ? Peut-on considérer qu’il s’agit d’une urgence ?
La position de l’ordre des dentistes de la Charente
Nous avons contacté l’ordre des dentistes de la Charente. Sa présidente, Christelle Bonne, ne souhaite pas répondre sans avoir été saisie officiellement de ce cas.
L’analyse de Nathalie Delphin, présidente du Syndicat des femmes chirurgiens-dentistes
Nathalie Delphin, présidente du Syndicat des femmes chirurgiens-dentistes, accepte en revanche de livrer son analyse.
La notion d’urgence selon Nathalie Delphin
Elle reconnaît d’abord que la notion d’urgence est assez « flottante ».
À ses yeux, la radiographie pour un cancer des os en a toutes les caractéristiques. Mais chacun peut avoir son interprétation.
Le droit de refuser les soins selon le code de la santé publique
Le code de la santé publique mentionne le terme d’urgence mais n’en donne aucune définition précise. L’article R4127-232 stipule qu’en dehors des cas d’urgence et celui où il manquerait à ses devoirs d’humanité, le chirurgien-dentiste a toujours le droit de refuser ses soins.
Dans le cas de Didier Brugier, Nathalie Delphin juge l’attitude du cabinet de Champniers « pas très déontologique. Qui plus est quand on imagine la situation de vulnérabilité de cette personne et de sa famille ». La présidente du syndicat invite les Brugier à « faire un signalement ». Autrement dit, de saisir le Conseil de l’ordre.
Le point de vue du cabinet dentaire de Champniers
Le cabinet dentaire de Champniers montré du doigt estime-t-il qu’il a mal agi ? Le docteur Marie-Agnès Fradin répond d’abord en doutant qu’on ait pu livrer, chez elle, cette réponse à Michèle Brugier.
Le point de vue du docteur Marie-Agnès Fradin
« Je ne suis pas implantologue et donc refuser un patient avec l’argument d’un devis proposé mais pas accepté n’est pas imaginable », affirme le docteur Marie-Agnès Fradin.
Sans contester finalement une possible « erreur », Marie-Agnès Fradin « présente ses excuses » et promet de vérifier auprès de ses collaboratrices.
Les justifications de Marie-Agnès Fradin
Marie-Agnès Fradin choisit, pour argumenter, de changer de sujet : « J’ai 67 ans, 42 ans de métier, une très bonne réputation que vous pouvez vérifier. Je travaille 30 heures en trois jours, chaque semaine, dans un département où nous étions 200 dentistes contre 100 aujourd’hui ». Elle trouve injuste le procès fait à son cabinet sur cette seule réaction. « J’ai toujours soigné les gens dans la mouise ».

