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Journaliste guinéen condamné à six mois de prison
Le journaliste et leader syndical guinéen, Sekou Jamal Pendessa, a été condamné à six mois d’emprisonnement dont trois assortis de sursis et à une amende de 500 000 francs guinéens par le tribunal de première instance de Dixinn, à Conakry, la capitale. Le secrétaire général du Syndicat des professionnels de la presse de Guinée (SPPG) a été reconnu coupable de provocation à un attroupement non-armé, atteinte et menace de porter atteinte à l’ordre public, à la sécurité publique, à l’intégrité et à la dignité des individus par le biais d’un système informatique. Son avocat, M. Salifou Béavogui, a annoncé qu’il ferait appel de cette décision.
Réaction de Reporter sans frontières
La décision du juge Mory Bayo a été vivement condamnée par Reporter sans frontières (RSF), l’organisation de défense des journalistes. Selon RSF, cette condamnation constitue « un assaut frontal au libre exercice du journalisme et à la défense de ses intérêts ». Jeanne Lagarde, responsable pour le plaidoyer en Afrique subsaharienne de RSF, demande l’abandon des charges contre Sekou Jamal Pendessa, sa libération immédiate et la fin de toute forme de harcèlement envers les journalistes en Guinée.
Appel à la grève générale
Sekou Jamal Pendessa est détenu depuis le 19 janvier à la maison centrale de Conakry. Il avait pris la tête d’un mouvement syndical appelant à manifester contre les restrictions visant la presse privée guinéenne. Treize de ses confrères avaient été arrêtés puis relâchés. Si le syndicaliste est condamné, les treize centrales syndicales guinéennes, dont le SPPG, ont menacé de déclencher une grève générale dans tous les secteurs.
Restrictions à la liberté de la presse
Depuis mai, la junte guinéenne a multiplié les atteintes à la liberté de la presse, notamment en ordonnant le blocage de sites d’information, le brouillage de signaux radios et le retrait de chaînes de télévision des bouquets d’opérateurs. Les syndicats exigent la libération immédiate de Sekou Jamal Pendessa ainsi que d’autres mesures telles que la révision à la baisse du prix des denrées alimentaires de première nécessité et la levée de la restriction de l’internet.
Climat délétère pour la presse en Guinée
Selon Jacques Lewa Leno, directeur de la télévision Espace et chroniqueur des Grandes Gueules, une émission de radio, les médias et journalistes jugés trop critiques envers le pouvoir font l’objet de tentatives de réduction au silence. Depuis la dissolution du gouvernement guinéen, les restrictions d’accès à internet ont été rétablies dans le pays. Face à ces restrictions et à la crise sociale et économique, les syndicats envisagent un rapport de force pour protéger la liberté de la presse.
Auteur
Olorin Maquindus

