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Marie Portolano et son combat contre le sexisme dans le journalisme sportif
Dans son essai intitulé « Je suis la femme du plateau », Marie Portolano poursuit sa bataille contre le sexisme systémique présent dans le milieu du journalisme sportif. Après avoir réalisé le documentaire « Je ne suis pas une salope, je suis journaliste » en 2021, qui révélait les violences sexistes et sexuelles subies par de nombreuses femmes journalistes, elle constate que peu de choses ont évolué depuis.
Un constat accablant sur le sexisme dans le journalisme sportif
Dans son livre autobiographique, Marie Portolano témoigne des difficultés qu’elle a rencontrées en tant que journaliste sportive. Sans citer de noms, elle dénonce les comportements sexistes de certains collègues qui lui rappelaient sans cesse qu’elle n’était « qu’une femme » et que son avis n’avait pas d’importance dans ce milieu. Elle insiste sur le fait que cette situation n’est pas le fait d’individus isolés, mais d’un système entier à déconstruire.
Le documentaire qui a secoué le journalisme sportif
En 2021, Marie Portolano a réalisé le documentaire « Je ne suis pas une salope, je suis journaliste », dans lequel dix-huit femmes journalistes témoignent des violences sexistes et sexuelles qu’elles ont subies dans leur profession. Après la diffusion de ce film, Marie Portolano pensait que la parole des femmes s’était enfin libérée et que le milieu allait changer. Cependant, un commentaire sexiste d’un producteur l’a poussée à reprendre la plume et à poursuivre son combat avec son livre « Je suis la femme du plateau ».
« Des femmes pour habiller les plateaux » : la mixité imposée dans le journalisme sportif
Dans son livre, Marie Portolano revient sur l’arrivée de la mixité sur les plateaux de journalisme sportif. Cependant, elle souligne que cette mixité a été mise en place de manière particulière : les chaînes proposaient alors à de jeunes mannequins de présenter les journaux de sport. Cette vision des femmes comme de simples « décorations » pour les plateaux témoigne du sexisme persistant dans ce milieu.
Violences sexistes et sexuelles systémiques
Marie Portolano raconte dans son livre les violences sexistes et sexuelles auxquelles elle a été confrontée tout au long de sa carrière. Des commentaires déplacés, des gestes inappropriés : certains collègues et supérieurs ont abusé de leur pouvoir hiérarchique sans jamais être sanctionnés. La journaliste dénonce également le sentiment de devoir rire ou sourire à ces comportements sexistes, par gêne plus que par complicité. Elle relate également son intériorisation du sexisme, qui l’a amenée à se sentir flattée par certains commentaires sur son physique.
Une légitimité constamment remise en question
Marie Portolano évolue maintenant dans un autre domaine que le journalisme sportif. Pourtant, elle rappelle que son intérêt pour le sport et sa légitimité ont souvent été remis en question, tant le domaine sportif est considéré comme masculin. Ce constat témoigne de la persistance du sexisme dans les médias.
Le combat contre le sexisme dans le journalisme sportif est loin d’être terminé. Tant que les femmes seront traitées de manière dégradante, les femmes athlètes seront également mal vues ou ignorées. Il est donc essentiel de lutter contre ce sexisme pour que le sport ne soit plus considéré comme un terrain de jeu masculin où les femmes n’ont qu’une fonction décorative.
Source : « Je suis la femme du plateau » de Marie Portolano. Éditions Stock, 154 pages, 18,50€

