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Les réseaux sociaux à l’ère de la nouvelle régulation européenne
En 2023, les réseaux sociaux ont connu une période de changements importants. Suite aux difficultés du marché publicitaire en 2022, ainsi qu’à l’émergence de TikTok et de son succès continu, Instagram, Facebook, Twitter et Snap ont réagi en cherchant de nouveaux modèles, en adoptant de nouvelles technologies et en accélérant sur de nouveaux formats.
Dans le même temps, la régulation s’est imposée aux réseaux sociaux comme jamais auparavant, notamment en Europe.
L’exploration du modèle payant
Dans le but de diversifier leurs revenus, les plateformes gratuites ont commencé à expérimenter des abonnements payants pour les utilisateurs. Cette nouvelle source de revenus, bien que microscopique pour le moment, pourrait représenter jusqu’à 50% des recettes du secteur des réseaux sociaux d’ici cinq ans.
Twitter, qui est devenu X après son rachat par Elon Musk, a adopté cette approche en offrant à ses abonnés premium une meilleure visibilité pour leurs contenus et en réduisant le nombre de messages sponsorisés.
Meta, la maison mère d’Instagram et Facebook, a également créé un forfait payant pour ses plateformes afin de compenser les pertes de revenus dues à la mise en oeuvre du règlement européen sur la protection des données. Ces règles obligent le groupe à obtenir le consentement des utilisateurs pour la monétisation de leurs données, ce qui a un impact négatif sur les revenus de la publicité personnalisée. Enfin, Snap continue de développer son abonnement Snapchat+ en ajoutant de plus en plus de fonctionnalités exclusives.
Le tour de vis des régulateurs
En Europe, les régulateurs ont adopté des règles plus strictes pour les plateformes en ligne. Le règlement sur les services numériques (DSA) renforce les obligations des réseaux sociaux en matière de modération des contenus haineux et illégaux. Les plateformes qui ne respectent pas ces règles peuvent être sanctionnées jusqu’à 6% de leur chiffre d’affaires annuel mondial.
Les régulateurs européens ont également lancé des enquêtes et des demandes d’informations à X/Twitter, Meta et TikTok pour vérifier leur conformité à la nouvelle régulation. En cas de non-respect, les plateformes sont menacées d’une interdiction d’opérer en Europe.
La modération à l’épreuve des conflits
Les récents conflits internationaux, tels que celui entre Israël et le Hamas au Moyen-Orient, ont été l’occasion d’une propagation de désinformation, d’appels à la haine et d’images choquantes sur les réseaux sociaux. En Europe, ces crises mettent à l’épreuve la nouvelle régulation et la capacité des plateformes à modérer efficacement ces contenus.
Les émeutes urbaines en France l’été dernier ont également été l’occasion d’un effort de modération par les plateformes, sous le regard du gouvernement. Les craintes de désinformation massive sont également présentes à l’approche des élections européennes de 2024.
La montée des inquiétudes sur l’enfance en ligne
Les réseaux sociaux font face à une pression croissante en ce qui concerne la protection des mineurs. En Europe, la Commission européenne a demandé des informations à YouTube, TikTok, Meta (Facebook, Instagram) et Snap sur les mesures qu’ils prennent pour protéger la santé physique et mentale des jeunes utilisateurs. Les dispositifs de contrôle parental, les mesures de protection contre les utilisateurs inconnus et les limites de temps d’utilisation seront également examinés.
Aux États-Unis, les législateurs enquêtent également sur cette question et proposent des mises à jour des règles sur la vie privée en ligne des enfants. Ils envisagent notamment d’interdire la publicité ciblée aux mineurs de moins de 13 ans, sauf si les parents donnent leur autorisation.
L’IA infuse
Les réseaux sociaux investissent de plus en plus dans l’intelligence artificielle générative. Meta propose aux annonceurs d’utiliser cette IA pour automatiser la création de messages en texte, en image ou en vidéo. TikTok a également développé une IA décrite comme un « assistant créatif » avec qui les utilisateurs peuvent discuter par écrit.
Snap propose quant à lui à ses utilisateurs un ami virtuel appelé « My AI », capable de suggérer des idées de cadeaux, d’écrire des poèmes ou de planifier des itinéraires. Des chatbots similaires ont été déployés sur Instagram et Facebook. Les abonnés premium de X peuvent poser des questions à Grok, une IA générative aussi sarcastique qu’Elon Musk.
Threads, le nouveau pari de Meta
Le service Threads de Meta, conçu pour concurrencer X/Twitter, a du mal à s’imposer en Europe. Selon le cabinet d’études Data.ai, l’application a été téléchargée 2,6 millions de fois trois jours après son lancement en Europe mi-décembre. Ce chiffre est bien inférieur aux téléchargements au Royaume-Uni (4,5 millions en trois jours) et aux États-Unis (16,8 millions).

