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Journaliste français incarcéré en Ethiopie
Antoine Galindo, un journaliste français de 36 ans et chef de la rubrique Afrique de l’Est de la publication spécialisée « Africa Intelligence », est actuellement incarcéré en Ethiopie depuis le 22 février. Il est accusé par les autorités locales de « conspirer en vue de créer le chaos ». Son employeur a annoncé cette arrestation et a demandé sa libération immédiate.
Une détention prolongée jusqu’au 1er mars
Antoine Galindo a comparu devant un juge qui a décidé de prolonger sa détention jusqu’au 1er mars. Africa Intelligence dénonce les accusations portées contre lui, qu’il considère comme infondées et appelle à sa libération. Les autorités éthiopiennes ainsi que le ministère français des Affaires étrangères n’ont pas encore réagi à cette arrestation.
Antoine Galindo est un journaliste expérimenté, âgé de 36 ans, qui a travaillé en Ethiopie en tant que correspondant pour plusieurs médias internationaux de 2013 à 2017. Il était en Ethiopie pour couvrir le Sommet de l’Union africaine à Addis Abeba. Africa Intelligence souligne qu’il était accrédité par l’UA et disposait d’un visa pour exercer son activité de journaliste.
Arrestation de Galindo et d’un responsable du Front de libération oromo
Antoine Galindo a été arrêté en compagnie d’un responsable du Front de libération oromo (OLF), un parti d’opposition légalement enregistré. Selon une source proche du dossier, ils se sont rencontrés à Addis Abeba. Le responsable du parti est également détenu actuellement.
Les réactions à cette arrestation
Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) dénonce l’arrestation d’Antoine Galindo comme étant injuste et met en lumière les conditions difficiles pour les journalistes en Ethiopie, considéré comme le deuxième pire pays en matière de liberté de la presse en Afrique subsaharienne. Reporters sans Frontières (RSF) qualifie cette détention d’arbitraire et souligne l’hostilité des autorités éthiopiennes envers le journalisme indépendant. RSF précise également que l’Ethiopie a incarcéré plusieurs journalistes éthiopiens et expulsé des journalistes étrangers depuis 2020.
Contexte politique et sécuritaire en Ethiopie
L’Ethiopie est le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique et est composée de nombreuses communautés ethno-linguistiques. Le pays est confronté à plusieurs conflits locaux, notamment dans les régions de l’Oromia et de l’Amhara, les deux régions les plus peuplées. En Oromia, les forces fédérales affrontent l’Armée de libération oromo (OLA), une organisation considérée comme terroriste par le gouvernement éthiopien. En Amhara, l’état d’urgence a été instauré pour faire face à l’insurrection des milices populaires amhara appelées Fano, qui s’opposent aux autorités fédérales.
Liberté de la presse en Ethiopie
Après des progrès notables dans la liberté de la presse en Ethiopie depuis l’arrivée au pouvoir du Premier ministre Abiy Ahmed en 2018, la situation s’est à nouveau détériorée depuis 2020 avec le début du conflit dans l’Etat régional du Tigré. Selon RSF, l’Ethiopie a chuté de 16 places en termes de liberté de la presse, se classant au 130e rang mondial en 2023. Au 1er janvier 2024, 15 journalistes étaient en prison dans le pays.

