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Arrestation d’Antoine Galindo en Ethiopie
Le 22 février, Antoine Galindo, journaliste français, a été arrêté dans un hôtel du centre d’Addis Abeba en compagnie d’un responsable du Front de libération oromo (OLF), un parti d’opposition enregistré légalement. Son rendez-vous a également été incarcéré.
Allégations de conspiration
Deux jours plus tard, Antoine Galindo a comparu devant un juge qui a ordonné sa détention. Lors de l’audience, la police a accusé le journaliste de conspirer pour créer le chaos en Ethiopie. Selon une source proche de l’affaire, il aurait été lié à la fois à l’Armée de libération oromo (OLA), un groupe armé actif dans l’Etat régional de l’Oromia et considéré comme « terroriste » en Ethiopie, et aux milices populaires amhara « Fano », qui affrontent les forces fédérales dans l’Etat régional de l’Amhara.
Réactions et contexte
Africa Intelligence a qualifié les accusations portées contre Antoine Galindo d’ « accusations fallacieuses » et a dénoncé son arrestation injustifiée. Agé de 36 ans, Galindo est chef de la rubrique Afrique de l’Est et était en Ethiopie depuis le 13 février pour couvrir, entre autres, le Sommet de l’Union africaine à Addis Abeba, pour lequel il avait obtenu une accréditation.
Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans Frontières (RSF) ont également condamné cette arrestation. Le CPJ a dénoncé une arrestation injuste et a souligné le climat précaire pour la presse en Ethiopie, tandis que RSF a qualifié cette détention d’arbitraire et a exprimé ses préoccupations quant à l’hostilité envers le journalisme indépendant dans le pays.
Situation en Ethiopie
Conflits locaux
Le pays est confronté à plusieurs conflits locaux, notamment dans les Etats régionaux de l’Oromia et de l’Amhara. En Oromia, les forces fédérales sont engagées depuis 2018 dans des affrontements avec l’Armée de libération oromo (OLA), issue d’une scission du Front de libération oromo (OLF) lors de sa légalisation. En Amhara, où vit principalement la communauté amhara, l’état d’urgence est en vigueur depuis août pour réprimer l’insurrection des milices populaires « Fano ».
Restrictions sur la presse
Jadis salué comme un réformateur, le Premier ministre Abiy Ahmed, lauréat du prix Nobel de la paix en 2019, est critiqué pour la détérioration de la situation des droits de l’homme et de la liberté de la presse. Depuis 2020, l’Ethiopie a emprisonné plusieurs journalistes nationaux et expulsé des journalistes étrangers. L’arrestation d’un journaliste étranger était cependant rare jusqu’à présent. En janvier 2024, selon RSF, quinze journalistes étaient en prison en Ethiopie. Ce classement fait de l’Ethiopie le 130e pays au monde en termes de liberté de la presse.

