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Les équipes de la LNH et leurs supervedettes
De façon générale, les équipes de la Ligue nationale de hockey (LNH) aiment mal, ou trop longtemps, leurs supervedettes.
Le rôle des grands joueurs dans la LNH
Les grands joueurs débarquent dans la LNH à la fin de l’adolescence et leur talent fait aussitôt renaître des organisations moribondes. Pendant 10 ou 15 ans, ces athlètes remplissent l’amphithéâtre de leur employeur, portent leur équipe sur leurs épaules et, au passage, génèrent quelques conquêtes de la Coupe Stanley.
L’issue souvent fatale des histoires de supervedettes
Malheureusement, la quasi-totalité de ces histoires finit plutôt mal. Quand l’apogée apparaît dans un coin du rétroviseur et que les succès collectifs s’étiolent, les dirigeants d’équipes n’ont pas le courage de se séparer de leurs étoiles suffisamment tôt pour se donner un nouvel élan.
Une réticence à agir
Au lieu d’être proactifs, au lieu de prioriser la pérennité des succès sportifs de leur organisation et les intérêts fondamentaux de leurs plus valeureux athlètes, la plupart des DG restent assis sur leurs mains quelques années de trop.
Au nom de la loyauté ou des craintes exprimées par le département de marketing, ils attendent que leur château tombe en ruines avant d’agir. Et ce n’est qu’une fois acculés au pied du mur qu’ils finissent par laisser partir leurs plus grands joueurs… mais par la porte de côté, à la date limite, en les insérant dans des échanges plutôt insignifiants.
Le cas de Sidney Crosby
Sidney Crosby faisait presque pitié jeudi dernier quand on lui a demandé de commenter l’échange qui était sur le point de faire passer son compagnon de trio, Jake Guentzel, dans le camp des Hurricanes de la Caroline.
La situation précaire des Penguins
Cet échange survenait alors que l’équipe accusait huit points de retard sur le dernier rang donnant accès aux séries dans l’Est. Sans oublier le fait que les Penguins avaient quatre équipes à devancer pour espérer se qualifier.
La marge de manœuvre de Kyle Dubas
La vérité, c’est que le nouveau président des opérations hockey des Penguins, Kyle Dubas, n’a pas de marge de manœuvre. Cette équipe est en voie de rater les séries pour une deuxième année d’affilée, et ce n’est probablement qu’un début.
Les défis liés à l’âge des joueurs
Les Penguins misent sur le deuxième effectif de la ligue pour l’âge, et ses quatre piliers (Crosby, Evgeny Malkin, Kristopher Letang et Erik Karlsson) sont respectivement âgés de 36, 37, 36 et 33 ans.
En 2022, ils ont accordé une prolongation de contrat de six ans à Letang. Cette entente mènera donc le défenseur jusqu’à l’âge de 40 ans. La même année, ils ont prolongé de quatre ans l’entente qui les lie à Malkin. Le Russe, qui a déjà énormément ralenti, est donc sous contrat jusqu’à l’âge de 39 ans.
Avec enthousiasme, Dubas a par ailleurs fait l’acquisition d’Erik Karlsson l’été dernier. Le contrat que détient le défenseur suédois prendra fin quand il aura 36 ans.
Crosby, qui est encore étonnamment performant, a pour sa part une autre saison à écouler à son entente actuelle. Et les Penguins affirment qu’il est prioritaire pour eux de le garder. Sid (not) the Kid aura donc 38 ans quand il entamera son prochain contrat avec une équipe qui n’a presque aucune chance de redresser la barre à court ou moyen terme.
La question de l’avenir de Sidney Crosby
Tout cela nous mène à la question qui tue : est-ce la fin de carrière que Sidney Crosby mérite?
Une situation préjudiciable pour toutes les parties
Si on laissait le Néo-Écossais vivre le crépuscule de sa brillante carrière sur un bateau qui coule et qui n’est équipé d’aucun canot de sauvetage, en quoi cela bénéficierait-il à la LNH, aux Penguins ou à Crosby lui-même?
La possibilité d’un nouvel héritage
Il est vrai que Crosby a plusieurs fois émis le souhait de passer toute sa carrière avec les Penguins. Mais à en juger par son air abattu des derniers jours, ce n’était certainement pas dans de telles conditions qu’il entrevoyait l’avenir.
Les exemples de Martin Brodeur et Wayne Gretzky
Qui plus est, même si la loyauté est une valeur très louable, on peut se demander en quoi l’héritage de Crosby serait amoindri s’il devait terminer sa carrière dans une autre ville.
Martin Brodeur est-il moins apprécié au New Jersey parce qu’il a défendu le filet d’une autre équipe? Wayne Gretzky n’est-il pas associé à jamais aux Oilers malgré le fait qu’il ait aussi joué à Los Angeles, à Saint Louis et à New York?
La stature de Sidney Crosby
Crosby est l’un des plus grands compétiteurs de l’histoire de la LNH. Depuis 20 ans, il est par ailleurs le plus grand ambassadeur du hockey. Il est le Jean Béliveau des temps modernes.
Cela crée certainement une sorte de responsabilité collective de lui dénicher un endroit qui lui permettrait de continuer à connaître du succès et de briller, avec des responsabilités amoindries, jusqu’à son dernier match.
Une fin de carrière plus glorieuse
Ne mérite-t-il pas d’avoir l’occasion de soulever la coupe ailleurs, à la Mark Messier ou à la Raymond Bourque, plutôt que de conclure ses trois ou quatre prochaines saisons au début du mois d’avril?
Il y a certainement là matière à réflexion.

