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« Témoignages de jeunes touchés par la détresse psychologique »
Mathilde, 24 ans
Mathilde, une étudiante de 24 ans en école vétérinaire, partage son témoignage sur sa détresse psychologique qui dure depuis six ans. Ses premiers symptômes sont apparus pendant ses classes préparatoires à Bordeaux. Elle a vécu des crises d’angoisse et de tétanie qui l’ont empêchée de bouger ou de parler. Elle a également connu des périodes d’insomnie avec seulement une ou deux heures de sommeil par nuit. Mathilde se sentait mal et avait des idées très noires. Elle évitait de sortir et avait peur de la foule. Le confinement lié au Covid a encore renforcé son mal-être.
Romain, 22 ans
Romain, un étudiant de 22 ans, a connu une crise dépressive aiguë pendant la période du Covid. Ses angoisses remontent à l’époque du lycée, où il avait peur du jugement des autres et de ne pas être aimé. Il avait constamment des pensées anxieuses qui le critiquaient et dévalorisaient son estime de soi. Pendant le confinement, il est devenu accro aux jeux vidéo pour échapper à son mal-être. Aujourd’hui, Romain se reconstruit et sensibilise des jeunes à la santé mentale et à la vie sexuelle.
« La détresse psychologique chez les jeunes : un décalage générationnel »
Mathilde explique qu’il y a un énorme décalage entre la génération de ses parents et la sienne, ce qui contribue à sa détresse psychologique. Ses amis ont joué un rôle important dans sa reconstruction en l’encourageant à consulter des médecins et des psychothérapeutes. Les médicaments l’ont aidée à calmer ses angoisses. Elle vit maintenant en banlieue parisienne et considère sa résidence étudiante comme son refuge lorsque ça ne va pas. Les sujets qui l’angoissent sont nombreux, notamment les questions politiques et environnementales.
« L’urgence de prendre soin de nous »
Romain appelle à un sursaut face à la détresse psychologique chez les jeunes. Il estime qu’il est urgent de prendre soin de sa santé mentale. Il déplore que la santé mentale soit un sujet tabou et invisible. Romain insiste sur la nécessité de rendre ce sujet plus visible et de trouver des solutions pour en parler ouvertement. Il rappelle que l’État doit se mobiliser pour répondre à ce fléau de santé publique.
« Une génération sacrifiée dans quelques années »
Les spécialistes de la santé mentale partagent tous le constat qu’il y a urgence à agir. Selon une étude de l’université de Bordeaux, 41% des étudiants présentent des symptômes dépressifs, soit une augmentation de 15 points en seulement quatre ans. Les idées suicidaires chez les jeunes de 18 à 24 ans sont également en hausse. Les facteurs de détresse psychologique comprennent les difficultés économiques, le stress des études sélectives, le chômage, ainsi que le contexte géopolitique et le dérèglement climatique. Les structures de prise en charge sont actuellement surchargées, ce qui nécessite des investissements importants pour éviter d’avoir une génération sacrifiée dans quelques années.

