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Pandémies planifiées ? L’écho des rumeurs
Depuis l’ouverture du Forum économique mondial à Davos le 15 janvier, les réseaux sociaux sont agités par la perspective d’une nouvelle pandémie planifiée par l’élite mondiale. Certains internautes, comme Florian Philippot, ancien cadre du Rassemblement national, ont même qualifié cette hypothétique « maladie X » d’invitée vedette de Davos.
La réalité de la « maladie X »
La « maladie X » est en réalité une hypothèse de travail de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Elle désigne un agent pathogène inconnu pouvant causer une épidémie internationale grave. Contrairement aux rumeurs, elle n’existe pas encore et représente la menace d’un pathogène nouveau, impossible à prévoir. La pandémie de Covid-19 a été le premier exemple concret de cette émergence.
Le discours de l’OMS à Davos
Lors de la table ronde publique intitulée « Se préparer à la maladie X » à Davos, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a évoqué l’hypothèse d’un virus vingt fois plus mortel que le SARS-CoV-2, pour lequel il n’existerait aucun vaccin. Son appel était en réalité un appel à une coopération internationale renforcée pour réagir plus efficacement en cas de nouvelle pandémie.
Les théories conspirationnistes autour de l’OMS
Ces chiffres ont été perçus par certaines personnes comme une menace sur les populations. Des théories conspirationnistes se sont développées, accusant l’OMS de planifier une nouvelle pandémie pour mettre en place un traité contraignant, restreindre les libertés et imposer une dictature sanitaire mondiale. Ces théories sont infondées, car la santé relève de la souveraineté des États.
Le spectre d’un virus mortel et la confusion sur les pangolins
Des allégations sur un virus mortel ont circulé sur les réseaux sociaux en se basant sur un article scientifique chinois décrivant un coronavirus de pangolin, le GX_P2V, présenté de manière erronée comme une souche mutante qui attaque le cerveau et qui aurait un taux de mortalité de 100%. Cependant, ces conclusions sont basées sur un modèle de souris humanisées plus vulnérables que la normale. De plus, il n’y a pas de lien direct entre ce virus de pangolin et la soit-disant « maladie X » planifiée par l’OMS.
Inversion logique et interprétations conspirationnistes
Ce n’est pas la première fois que des travaux liés à la préparation aux pandémies sont réinterprétés de manière conspirationniste. Des conférences d’alerte sur les risques de pandémie, comme la réunion « Event 201 » en 2019, ont été perçues à tort comme des préparatifs volontaires au déploiement du SARS-CoV-2. Ces interprétations reposent sur un postulat curieux, celui de considérer tout exercice de prévention comme l’aveu d’un projet pyromane.

