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Cinq anciens ministres de la Culture s’opposent à une holding pour l’audiovisuel public
Cinq anciens ministres de la Culture ont assuré devant les députés leurs réticences, voire leur hostilité, à l’idée d’une holding pour l’audiovisuel public, une des pistes soutenues par l’actuelle titulaire du poste, Rachida Dati.
Les positions des anciens ministres de la Culture
Cette dernière souhaite en effet « une gouvernance unique » dès cette année pour l’audiovisuel public, qui comprend notamment France Télévisions et Radio France. Elle a dit vouloir s’appuyer sur les travaux du Sénat, qui avait voté en juin 2023 en faveur de la création d’une holding commune.
« Je respecte ce chemin évoqué par Rachida Dati, l’objectif de fond nous le partageons », c’est-à-dire « un service public fort », a déclaré sa prédécesseure Rima Abdul Malak devant la commission d’enquête sur les fréquences TNT.
Mais quand elle était en poste, elle était parvenue à la conclusion que « cette holding, préalable à une fusion ou pas, n’était pas indispensable » et que « des rapprochements étaient possibles par le bas, en faisant confiance aux équipes et en fixant des objectifs assez précis ».
De son côté, Roselyne Bachelot, auditionnée également comme ancienne ministre de la Culture (2020-2022), s’est exclamée : « Depuis le temps qu’on nous vend des fusions comme étant génératrices d’économies et de meilleur fonctionnement, et que tout ça va à la dérive », avant d’ajouter : « Je pense qu’on va acheter un superbe immeuble, qu’on va peupler avec un président qui aura une voiture de fonction » et « on mettra à feu et à sang (…) les sociétés de l’audiovisuel public ».
« Revenons-en à l’essentiel et à l’urgence », la guerre en Ukraine, les élections européennes et la question de la laïcité, a renchéri Renaud Donnedieu de Vabres (2004-2007). Le débat au Parlement sur un tel sujet serait « au mieux inopérant et superfétatoire, et plus probablement détestable », aux yeux de Jacques Toubon (1993-1995), qui a appelé à avoir de vraies idées « sur le rôle de l’audiovisuel » plutôt que celle d’un « placebo qui s’appellerait la fusion ».
« Je suis plutôt opposée à perdre du temps sur ces questions », a clos Fleur Pellerin (2014-2016).
D’autres approches envisagées
Il ressort des déclarations des anciens ministres de la Culture que la création d’une holding pour l’audiovisuel public suscite des réticences et des inquiétudes. Rima Abdul Malak indique qu’elle privilégiait des rapprochements par le bas, en faisant confiance aux équipes et en définissant des objectifs précis. Roselyne Bachelot exprime quant à elle ses réserves sur les fusions, les considérant comme génératrices de problèmes. Elle pense notamment qu’une holding entraînerait des dépenses inconsidérées et une déstabilisation des sociétés de l’audiovisuel public. Renaud Donnedieu de Vabres et Jacques Toubon estiment quant à eux que le débat parlementaire sur ce sujet serait inopérant voire détestable, et préconisent de se concentrer sur des questions plus urgentes. Fleur Pellerin, de son côté, affirme ne pas souhaiter perdre de temps sur ces questions.

