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À quoi sert encore l’Arcom ?
Dans sa « chronique médiatique » du 3 avril dernier, sur France Inter, le journaliste Cyril Lacarrière se demande quelle est l’utilité de l’Arcom. En effet, en regardant la télévision, on peut parfois avoir l’impression que cette autorité administrative ne sert à rien.
L’histoire de l’Arcom
L’Arcom est l’héritière d’une série d’organismes qui ont cherché à introduire une régulation dans l’audiovisuel, indépendante du pouvoir politique. Du temps de la RTF et de l’ORTF, l’audiovisuel public était considéré comme le porte-parole du pouvoir en place, avec peu de place accordée à l’opposition
Le contrôle politique de l’audiovisuel public
Les radios pirates et l’esprit libertaire de Mai 68 ont marqué la fin de ce contrôle politique. En 1981, François Mitterrand promet de créer une autorité administrative indépendante pour séparer le pouvoir de l’audiovisuel. C’est ainsi que la Haute Autorité de la communication audiovisuelle a vu le jour en 1982.
Vers une autonomie limitée
Malgré cette avancée, le processus de nomination des membres de la Haute Autorité reste politique. En 1986, la droite abolit la Haute Autorité pour la remplacer par une autre commission. Les socialistes, à leur retour au pouvoir en 1988, créent le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) qui conserve les pouvoirs de la commission précédente. Le CSA joue alors un rôle de régulateur et veille au respect du pluralisme dans les médias.
L’Arcom et l’intermédiation du numérique
Au 1er janvier 2022, le CSA fusionne avec l’Hadopi pour devenir l’Arcom. Cette fusion vise à mieux appréhender les transformations dans le domaine audiovisuel face à l’émergence du numérique.
Les compétences de l’Arcom
L’Arcom dispose d’un éventail de sanctions contre les chaînes qui ne respectent pas leur cahier des charges ou les principes éthiques. Cependant, l’Arcom refuse d’être perçue comme une autorité de censure et préfère convaincre et travailler en collaboration avec les médias pour améliorer leur couverture des événements sensibles.
La perception de l’Arcom
L’Arcom est parfois critiquée pour son manque de réactivité face à certaines polémiques. Les décisions de l’Arcom peuvent sembler inaudibles, ce qui alimente l’idée qu’elle n’agit pas suffisamment. Il serait donc nécessaire pour l’Arcom de revoir sa communication pour clarifier son action.
En résumé, l’Arcom est une autorité administrative indépendante qui a pour mission de réguler l’audiovisuel et le numérique. Elle est issue d’une succession d’organismes visant à introduire une régulation dans le monde de l’audiovisuel, séparée du pouvoir politique. Malgré ses compétences élargies et renforcées, l’Arcom doit faire face à des défis tels que maintenir son indépendance et clarifier sa communication.

