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Développement du masculinisme sur les réseaux sociaux
Dans son dernier rapport, le Haut Conseil à l’égalité exprime son inquiétude face à une adhésion croissante des 24-34 ans aux clichés masculinistes véhiculés par de nombreux comptes sur les réseaux sociaux. Alors que la parole des femmes se libère, le mouvement du masculinisme se développe en opposition à l’émancipation féminine. Les vidéos masculinistes abordent des thèmes tels que « l’homme bêta » versus « l’homme alpha », déplorant une perte de virilité chez les hommes. Ils véhiculent également des stéréotypes sur les femmes, les présentant comme fragiles psychologiquement et uniquement intéressées par l’argent. Ces vidéos ont un impact significatif et sont largement suivies, suscitant une préoccupation du HCE.
Adhésion des jeunes adultes aux clichés masculinistes
Le Haut Conseil à l’égalité constate une augmentation de l’adhésion aux clichés masculinistes chez les 24-34 ans. Ces comptes masculinistes sont très populaires, avec environ 7 à 8 millions de personnes impliquées en France. Bruno Breton, PDG de la société d’analyse des réseaux sociaux Bloom, souligne que bien que la plupart de ces comptes ne soient pas violents, certaines communautés forment des regroupements misogynes et antiféministes. Dans certains cas extrêmes, le masculinisme peut mener à des actes violents, comme en témoigne la condamnation en appel d’un Youtubeur masculiniste pour le meurtre de son ex-compagne.
Impact sur l’espace numérique
Les associations féministes estiment que cette montée du masculinisme réduit au silence les femmes activistes et politiques. Lucie Daniel, membre de l’association féministe Equipop, affirme que le masculinisme crée un continuum de violence, passant des conseils en ligne sur la séduction à des actes violents hors ligne. Les attaques numériques visent à réduire au silence les femmes et les décourager de s’exprimer en ligne. Cette violence en ligne contribue à la marginalisation des femmes dans l’espace numérique, ce qui représente une menace pour la démocratie selon Lucie Daniel.
Porosité avec l’extrême droite
Le masculinisme est également associé à l’extrême droite. Thaïs D’Escufon, ancienne porte-parole de Génération Identitaire, défend les idées masculinistes et crée du contenu sur les relations hommes-femmes. Elle souligne que son discours peut être perçu comme inhabituel étant donné que le masculinisme est principalement porté par des hommes. Elle déplore un manque de virilité chez les hommes contemporains et affirme que comprendre et satisfaire les besoins profonds des femmes est crucial pour elles.
Conclusion
Ces constats reflètent un décalage entre la prise de conscience des inégalités entre les sexes en France et la persistance des stéréotypes qui façonnent les mentalités et les comportements. Il est essentiel de redoubler d’efforts pour promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes et lutter contre les discours et les attitudes masculinistes.

