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Plateforme entièrement gratuite avec un excellent catalogue
Plateforme entièrement gratuite et à l’excellent catalogue avec entre autres Parlement et Mental. Et désormais donc cette mère indigne.
Rachel, petite quarantaine, est une stakhanoviste du ratage. Elle a raté son mariage, puis son divorce au terme duquel elle a vu son mari repartir avec son avocate à elle. Son destin prometteur de championne de tennis junior ne s’est jamais concrétisé. Sa carrière de prof de gym, vous savez du genre de celle qui clope sur le bord du terrain en intimant aux gamins l’ordre de courir un tour de piste supplémentaire, est au point mort. Et côté sexe, c’est la misère absolue. Il n’y a que sa relation avec sa fille qu’elle a brillamment réussie. Petite fille maligne qui se débrouille si bien avec cette maman dysfonctionnelle mais si joyeuse et fusionnelle.
Indigne mais donc très fréquentable si on vous comprend bien ?
Une série jubilatoire, hilarante par son côté cartoonesque et qui va surtout déculpabiliser toutes les mamans qui ne se croient pas à la hauteur de l’enjeu de l’éducation. Portés par l’écriture ciselée et mordante, sans filtre ni politiquement correct, d’Anne-Elisabeth Blateau et Khaled Amara, tous deux venus de la série Scènes de ménage, les dix épisodes nous vengent de ces modèles parfaits que l’on nous érige à longueur de séries.
La mise en scène capte avec malice l’énergie débordante d’Anne-Elisabeth Blateau et des autres acteurs dont Eva Darlan, impeccable en mère et grand-mère viscéralement incapable de témoigner une quelconque trace d’affection. Car « Mère indigne » n’est pas que drôle. Sa façon d’opérer à mi-parcours un virage vers la mélancolie en mettant à nu les douleurs intimes refoulées de son héroïne, apporte de la nuance au trait caustique. Elle diffère alors la cavalcade comique pour laisser la place à une belle et salutaire bouffée émotionnelle. Rachel est comme la série, elle ne s’excuse de rien. Et c’est pour cela qu’elle est réussie.
Pour finir un mot sur « Tout pour Agnès » visible sur Paramount+
Mais qui sera également diffusée sur France 2 début 2024. Une version fictionnelle de l’affaire Agnès le Roux, riche héritière disparue en 1977. Le corps ne fut jamais retrouvé et en 2014 après des années de bataille judiciaire menée par Renée, sa mère, l’avocat Maurice Agnelet fut condamné. Série passionnante soulevant la question de ce que le romanesque peut apporter au réel. Sans jamais s’échapper de l’exactitude des faits, les auteurs racontent la fin d’un monde, l’arrivée de la mafia dans les casinos de Nice, l’ascension entravée des femmes dans un monde à la masculinité toxique ou encore la rivalité mère fille. Une densité scénaristique dessinant en son centre la figure de Renée, bouleversante héroïne tragique et campée par la talentueuse Michèle Laroque.

