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Quels sont les codes à respecter sur les réseaux sociaux ?
Emmanuelle Parent, directrice et cofondatrice du Centre pour l’intelligence émotionnelle en ligne (CIEL), a fait le pari de trouver des réponses à cette question en écoutant les adolescents. Son organisme propose des ateliers de « bien-être numérique » dans les écoles secondaires du Québec pour sensibiliser les jeunes aux effets des réseaux sociaux.
Afin de rédiger son livre Texter, publier, scroller, Emmanuelle Parent a échangé avec une centaine d’adolescents dans le cadre de sa thèse de doctorat à l’Université de Montréal. Elle a constaté que les adolescents ont une vision nuancée des réseaux sociaux et des réflexions moins alarmistes que les adultes.
Cet essai vise à transmettre ces connaissances aux ados, mais il peut également être utile à tous pour mieux comprendre l’utilisation des réseaux sociaux.
Mieux comprendre les codes
Les adolescents rencontrés font partie de la première génération à avoir grandi avec les réseaux sociaux. Ils ont appris leur utilisation en observant les comportements en ligne de leurs amis et de leur famille.
Ce processus d’apprentissage inclut la compréhension des codes de conduite des réseaux sociaux, c’est-à-dire les règles non écrites des plateformes numériques. Les adolescents sont sensibles à ces codes et cherchent à se démarquer tout en restant eux-mêmes.
Le règne du doomscrolling
De nombreux utilisateurs passent de longues minutes, voire des heures, à faire défiler leur fil d’actualité sur les réseaux sociaux, un phénomène appelé doomscrolling. Les réseaux sociaux sont conçus pour retenir l’attention de leurs utilisateurs, en utilisant des techniques telles que l’absence d’affichage de l’heure et la manipulation de la présentation des contenus.
Pour mieux contrôler leur utilisation des réseaux sociaux, de nombreux adolescents préfèrent des plateformes qui leur permettent de choisir la durée et la nature du contenu qu’ils consomment. Certains fixent des limites de temps d’écran ou s’imposent un « couvre-feu numérique ».
Une responsabilité partagée
Facebook, Instagram et TikTok proposent des fonctionnalités pour aider les utilisateurs à gérer leur temps passé sur les réseaux sociaux. Cependant, Emmanuelle Parent estime que les plateformes devraient donner aux utilisateurs un plus grand contrôle sur le fonctionnement des algorithmes, afin de pouvoir personnaliser le contenu qui leur est proposé.
En attendant d’éventuels changements, Emmanuelle Parent encourage les jeunes et les moins jeunes à résister à l’attrait du contenu infini et à diversifier leurs activités en dehors des réseaux sociaux.

