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Violences à Dublin : une extraordinaire explosion de violence
Il y a longtemps que l’Irlande n’avait pas connu de telles scènes de violence. Tout a commencé jeudi 23 novembre vers 13 heures (heure locale), quand un homme agresse au couteau une femme et trois jeunes enfants à la sortie d’une école de Dublin. Très vite, la population tente de maîtriser l’assaillant le temps que la police arrive sur les lieux. La scène se passe dans les quartiers nord défavorisés de la capitale irlandaise. La nouvelle se répand comme une traînée de poudre via les réseaux sociaux, qui accusent un Algérien d’être l’auteur de l’attaque.
Scènes de violence dans le centre-ville
S’ensuivent des scènes d’une rare violence toute la soirée jusque dans le centre-ville : magasins et bars pillés, forces de l’ordre attaquées, mobilisant plus de 400 policiers et un hélicoptère au plus fort de l’intervention. « Ce que nous avons vu hier soir était une extraordinaire explosion de violence », a déclaré, lors d’un point presse ce vendredi, le commissaire de la Garda Siochana (police nationale irlandaise), Drew Harris, ajoutant que la police avait arrêté 34 personnes.
Profil de l’assaillant et mouvements d’extrême droite
Le calme revenu vendredi matin, le profil de l’assaillant a été confirmé : un citoyen d’origine étrangère (la police n’a pas dévoilé à cette heure sa nationalité d’origine), naturalisé depuis vingt ans. Et la police a précisé qu’à ce stade elle ne retenait pas la piste terroriste.
Les troubles qui ont rapidement suivi ont été imputés à l’extrême droite par les forces de l’ordre, qui ont mis en cause des rumeurs propagées sur les réseaux sociaux sur l’identité de l’attaquant, dans un contexte de montée d’un discours anti-immigration dans le pays. Drew Harris a accusé une « faction complètement folle motivée par l’idéologie d’extrême droite » d’être à l’origine des troubles.
Contexte de crise du logement
Pour l’universitaire, il n’existe pas à proprement parler de parti d’extrême droite en Irlande, mais des groupuscules qui exploitent les désillusions vis-à-vis des gouvernants et des politiques, en captant notamment les troubles liés à la crise du logement. Ces événements prennent place dans un contexte de mécontentement et de crise du logement de grande ampleur qui existe depuis plusieurs années en Irlande, et encore plus à Dublin, où des familles entières se retrouvent à la rue, ne pouvant plus régler leur loyer. Dans le même temps, l’Irlande met en œuvre une généreuse politique d’accueil des réfugiés et demandeurs d’asile.
Exploitation de la crise du logement par des groupuscules
Pour Christophe Gillissen, professeur de civilisation britannique à l’université de Caen Normandie, cette crise du logement est exploitée par des groupuscules qui se situent dans une zone un peu floue, à la périphérie du monde criminel et de l’extrême droite. Il met en avant l’exploitation des rumeurs propagées sur les réseaux sociaux, provoquant des attroupements rapides.
Antécédents de rumeurs propagées sur les réseaux sociaux
Début 2023, des heurts avaient eu lieu dans la banlieue de Dublin à la suite d’une rumeur propagée sur les réseaux sociaux selon laquelle une femme irlandaise avait été violée par un groupe de migrants. L’enquête avait montré que cette femme avait bien été violée, mais par un Irlandais. Ces fausses rumeurs avaient été propagées par Wayne Bradley, un criminel très actif sur les réseaux sociaux. Il semble que cette personne soit également impliquée dans les récentes rumeurs propagées et la violence exercée à Dublin.
Enjeu pour le gouvernement irlandais
Pour le gouvernement irlandais, il y a urgence à trouver une réponse à cette crise du logement exploitée à des fins populistes, au risque de menacer l’unité du pays.

