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Nouvelle série
Le réalisateur hongkongais Wong Kar-wai revient après dix ans avec une série télévisée intitulée « Fan Hua ». Cette série en 30 épisodes raconte l’ascension financière de Shanghai dans les années 1990 et a connu un grand succès en Chine au début de l’année.
Les origines du projet
Avant la pandémie, Wong Kar-wai a fait lire les scénarios des quatre premiers épisodes de « Fan Hua » à John Powers, critique de cinéma à Vogue et à la radio publique américaine. Ce dernier a été surpris par le projet de télévision du réalisateur, qui est souvent critiqué pour privilégier l’aspect visuel plutôt que l’intrigue dans ses films.
L’histoire de la série
« Fan Hua » suit l’histoire de trois hommes de milieux différents à Shanghai. Ces derniers ont vécu la Révolution culturelle des années 1960 et 1970 avant de participer à la libéralisation économique chinoise. La série reflète la transformation de Shanghai en une sorte de Wall Street chinoise, avec toutes les conséquences de la richesse financière.
La série est actuellement diffusée en Chine en dialecte de Shanghai, mais a été doublée en mandarin pour la télévision nationale. Le dialecte de Shanghai est aujourd’hui quasiment disparu, selon Micky Lee, professeure à l’Université Suffolk.
Adaptation
« Fan Hua » est basée sur un roman de Jin Yucheng publié en 2012. Wong Kar-wai aurait été inspiré par les expériences similaires vécues par le frère et la sœur de l’auteur. Le réalisateur a toujours été nostalgique de son enfance à Shanghai, où il a vécu jusqu’à l’âge de 5 ans.
Rééditions multiples
Wong Kar-wai envisage de faire une version cinématographique de « Fan Hua » qui pourrait être présentée au Festival de Cannes en mai prochain. Il prévoit également de rééditer la série en fonction des commentaires des téléspectateurs chinois. Le réalisateur est connu pour être perfectionniste et a déjà sorti plusieurs versions de ses films par le passé.
L’ours de Taïwan
Malgré la répression à Hong Kong, Wong Kar-wai travaille maintenant en Chine communiste. Son dernier film, « Grand Master », a d’ailleurs été financé par des capitaux chinois. Le réalisateur a rarement fait des gestes politiques, mais il a sorti son film « Happy Together » juste avant la rétrocession de Hong Kong en 1997, car il savait que le sujet homosexuel serait plus compliqué sous le régime communiste.
« Grand Master » a remporté le prix du meilleur film au festival du film de Taïwan en 2013, mais depuis, le gouvernement chinois a interdit à ses cinéastes de participer à ce festival. Wong Kar-wai préfère donc continuer à bénéficier du financement chinois pour ses films plutôt que de recevoir des récompenses à Taïwan.

