Sommaire :
La sous-représentation des femmes à l’antenne
Des plateaux proches de la parité, mais qui ne font pas plus de place aux femmes. Si depuis quelques années les expertes, chroniqueuses et journalistes sont plus nombreuses dans les studios de télévision et de radio, elles n’y sont pas plus audibles. Leur temps de parole a même baissé en 2023, relève l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) dans son étude annuelle sur la représentation des femmes à l’antenne.
Une stagnation des chiffres
Depuis deux années consécutives, les femmes ont constitué 43 % des invités et 41 % des journalistes. Une stagnation donc, quand leur temps de parole, lui, a carrément régressé. En 2023, leur parole n’a occupé que 34 % du temps d’antenne, contre 36 % l’année d’avant. Ce recul est plus net encore pour les politiciennes, qui ont été seulement 26 % à prendre la parole cette année – contre 29 % en 2022. L’Arcom a aussi pu identifier le genre des personnes citées à l’antenne par les invités : dans la majorité des cas, ce sont des hommes, cités à 72 % par des hommes eux-mêmes.
À lire aussi :
L’Arcom remet en jeu quinze fréquences de la TNT, dont celles de C8 et CNews
Des disparités entre les chaînes
Ces différences de représentation s’accentuent selon les chaînes de télévision et de radio. Les femmes sont bien mieux représentées sur le service public, où elles sont plus souvent invitées (40 % sur la télé publique, contre 31 % sur la télé privée) et bénéficient de davantage de temps de parole. En revanche, les chaînes d’info en continu et les programmes sportifs font office de mauvais élèves, avec, respectivement, seulement 33 % et 20 % de femmes conviées. De fortes disparités demeurent aussi entre les invités selon les sujets traités : à elles la santé, l’éducation, la météo et les publicités ; à eux le sport, la politique et les conflits armés… Les stéréotypes de genre ont la peau dure.

