Sommaire :
Introduction à la situation de Tal Al-Zaatar
La petite colline de Tal Al-Zaatar, située à l’est du camp de Jabaliya, est un lieu bien connu des journalistes palestiniens dans la région. Cette colline, où se trouvait autrefois la mosquée Al-Bashir désormais détruite, est l’un des rares endroits du nord de la bande de Gaza à offrir une couverture réseau suffisante pour envoyer des images ou réaliser des directs vers l’extérieur.
Incident du 7 janvier 2024 à Rafah
Contexte de l’incident
Le 22 janvier vers 14 heures, les journalistes Emad Ghaboun, Mahmoud Sabbah, Mahmoud Shalha et Anas Al-Sharif étaient en train de chercher un signal Internet pour envoyer leurs derniers reportages lorsqu’une frappe a eu lieu. L’endroit était à découvert et quasiment désert.
Attaque et conséquences
Anas Al-Sharif, reporter pour Al-Jazira, habillé d’un gilet presse bleu et légèrement blessé au dos, s’est précipité dans le nuage de fumée. Il a découvert le corps sans vie d’un civil tué sur le coup alors qu’il téléphonait à sa famille à l’étranger. Trois autres hommes étaient blessés, prostrés et appelant à l’aide.
Emad Ghaboun, le plus sérieusement atteint, a été évacué vers l’hôpital d’Al-Awda dans la nacelle d’un bulldozer, les rues environnantes étant détruites et obstruées par des décombres.
Témoignages
« J’étais en direct sur Al-Jazira juste avant l’attaque », témoigne Anas Al-Sharif. « Le missile a frappé en plein sur l’endroit où se trouvait notre groupe. Il est clair que nous avons été attaqués parce que nous sommes journalistes. Je portais un gilet presse. »
Le Projet Gaza : Une enquête internationale
Le « Projet Gaza », une enquête internationale
Pendant plus de quatre mois, le collectif Forbidden Stories a coordonné une enquête impliquant cinquante journalistes de treize médias internationaux, dont Le Monde, pour documenter comment les forces israéliennes prennent pour cible les journalistes depuis le début de leur offensive à Gaza. Mobilisant plus de 120 témoins, des expertises balistiques, des images par satellite et des vidéos, le consortium « Projet Gaza » a analysé plus de cent cas de journalistes et employés des médias tués lors de bombardements ou par des frappes de drones.
Résultats de l’enquête
L’enquête a dénombré au moins quatorze journalistes et employés des médias tués ou blessés alors qu’ils portaient un gilet « presse » identifiable. Notre investigation montre qu’au moins dix-huit journalistes gazaouis ont été ciblés par des frappes de drones, entraînant la mort de six d’entre eux et blessant douze autres.
Technologies de ciblage
Les experts consultés dans le cadre de cette enquête collaborative s’accordent à dire que les drones utilisés par l’armée israélienne possèdent des capacités technologiques avancées permettant une identification précise et l’annulation de frappes si des civils se trouvent à proximité. Cela soulève des questions sur le grand nombre de journalistes ciblés malgré leur identification visuelle claire.
Conclusion
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