**L’émotion et la colère d’Al-Jazeera suite à la mort de deux journalistes palestiniens**
Dimanche, la rédaction d’Al-Jazeera était sous le choc et en colère. La chaîne qatarie a accusé l’armée israélienne de viser délibérément les journalistes palestiniens à Gaza, après la mort de deux reporters travaillant pour elle, tués dans une frappe attribuée à Israël. Hamza Waël Dahdouh, fils du chef du bureau d’Al-Jazeera dans la bande de Gaza, et Moustafa Thuraya, vidéaste pigiste collaborant avec l’AFP, ont été tués tandis qu’ils étaient en voiture à Rafah, dans le sud du territoire palestinien. Un troisième journaliste, Hazem Rajab, qui était avec eux, a été gravement blessé.
**Réactions et condamnations**
Suite à cet incident, Al-Jazeera a fermement condamné le ciblage des journalistes palestiniens par les forces d’occupation israéliennes et a accusé Israël de violer les principes de la liberté de la presse. Antony Blinken, le secrétaire d’État américain, a qualifié cette tragédie d’inimaginable et a exprimé son soutien depuis le Qatar, où il entame une nouvelle tournée dans la région. De son côté, l’armée israélienne a assumé la responsabilité de la frappe, affirmant avoir visé un terroriste qui pilotait un engin volant représentant une menace pour les troupes, et a précisé être au courant des informations selon lesquelles deux autres personnes se trouvant dans le même véhicule auraient également été touchées.
**Le nombre de journalistes tués à Gaza**
Ces décès portent à au moins 79 le nombre de journalistes et de professionnels des médias, principalement palestiniens, tués depuis le 7 octobre, selon le Comité pour la protection des journalistes. Waël al-Dahdouh, le chef du bureau d’Al-Jazeera dans la bande de Gaza qui a perdu son épouse et deux enfants dans une autre frappe israélienne au début du conflit, était présent aux obsèques de son fils. Il a déclaré que le monde devrait voir avec deux yeux plutôt qu’un seul œil israélien et a exprimé son espoir que le sang de son fils soit le dernier à être versé pour les journalistes et les habitants de Gaza.
**Des journalistes sur les lieux d’un bombardemment**
Les deux journalistes tués s’étaient rendus sur le lieu d’une frappe à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, et ont été touchés par une frappe sur le chemin du retour. Des témoins ont rapporté qu’une roquette avait touché l’avant du véhicule et qu’une autre avait atteint Hamza, assis à côté du conducteur. Les parties du corps des victimes ont ensuite été retrouvées et transportées à l’hôpital par les secours.
**Réactions internationales et nombre de journalistes tués**
Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters Sans Frontières, a écrit sur Twitter qu’il était sous le choc de la mort des deux journalistes et a accusé Israël d’avoir visé leur voiture. Le service de presse du Hamas a condamné ce qu’il a qualifié de crime odieux, perpétré par l’armée israélienne dans le but d’intimider les journalistes et d’empêcher la couverture médiatique du conflit. Selon le Comité pour la protection des journalistes, au moins 77 journalistes et professionnels des médias ont été tués depuis le début du conflit le 7 octobre, dont 70 étaient palestiniens, quatre israéliens et trois libanais.

