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Recommandations de l’Arcom pour les élections européennes 2024
En marge de la présentation de ses recommandations pour les élections européennes 2024, le gendarme du PAF a fait le point sur le sujet brûlant de l’équilibre du temps de parole des politiques.

L’ex-ministre Roselyne Bachelot sur BFMTV, en janvier 2023. Capture d’écran YouTube/BFMTV
Publié le 08 mars 2024 à 13h00
Équilibre du temps de parole
Règles fixées pour la campagne européenne
Jeudi soir, le gendarme de l’audiovisuel présentait ses recommandations sur le décompte du temps de parole pour la campagne européenne des 8 et 9 juin prochains. Au-delà du détail des règles fixées pour ce scrutin à la télévision et sur les plateformes, Roch-Olivier Maistre, le président de l’instance, en a profité pour faire le point sur la décision du Conseil d’État du 13 février enjoignant l’Autorité à réexaminer le respect du pluralisme dans un délai de six mois. «Le dispositif mis en place ne conduira en aucune façon le régulateur à intervenir, ni dans les choix des thématiques traitées par les éditeurs, ni dans le choix des intervenants sur les plateaux. L’éditeur garde pleinement sa liberté éditoriale et il n’est pas question d’entrer dans un mécanisme qui conduirait à cataloguer et comptabiliser l’ensemble des intervenants sur les plateaux,», a souligné le patron de l’Arcom. Nous allons travailler à un dispositif permettant d’élargir notre palette puisque le texte du Conseil d’État renforce les compétences du régulateur, et nous travaillerons à élargir notre capacité de contrôle des déséquilibres manifestes et durables au regard du principe du pluralisme », a-t-il ajouté.
Effets de ce rappel à l’ordre
En attendant, les premiers effets de ce rappel à l’ordre se font déjà sentir. L’Arcom a ainsi annoncé que les prises de parole de Philippe de Villiers, ancien président du Mouvement pour la France (MPF) et ex-membre du parti Reconquête, dans l’émission Face à Philippe de Villiers diffusée le samedi matin sur CNews (et Europe 1) seront désormais soumises au décompte « divers droite ». Des prises de position qui, comme l’avait révélé le site Les Jours, échappaient curieusement au calcul. Il en sera de même pour Roselyne Bachelot, chroniqueuse sur BFMTV, et d’autres personnalités. «Une liste est en cours d’élaboration», a précisé Roch-Olivier Maistre.
Scepticisme ambiant
Ce n’est pas une première, mais dans le contexte du moment, et avec la recommandation du Conseil d’État d’élargir le pluralisme de courant de pensée et d’opinions aux invités et aux chroniqueurs, le rétropédalage de l’Arcom n’est peut-être pas si anodin. CNews, qui dénonce une nouvelle entrave à la liberté d’expression, explique pour sa part que si elle ne peut faire respecter l’équité du temps de parole sur ses plateaux, c’est avant tout en raison du boycott d’une partie de la gauche. Un argument avancé la semaine passée devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’attribution des fréquences TNT. «CNews devra apporter la preuve d’un refus explicite», pour être «déchargée de son obligation», leur a répondu le président de l’Arcom. Les dirigeants de la chaîne pourront s’appuyer sur le courrier de l’eurodéputée Marie Toussaint encourageant ses «alliés» de la Nupes, Raphaël Glucksmann et Manon Aubry, à ne pas se rendre sur ses plateaux pour «ne pas tomber dans ce guet-apens organisé par nos adversaires politiques».
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Prochain rendez-vous «dans quelques semaines», a conclu Roch-Olivier Maistre, pour le texte tant attendu sur le pluralisme «qui s’appliquera à tous». Des éditeurs et acteurs de l’audiovisuel qui, pour beaucoup, partagent leur scepticisme depuis un mois. Jeudi, la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, a enfoncé le clou : « Je comprends l’enjeu du pluralisme, néanmoins je m’interroge sur la manière dont tout ça va se mettre en place. »

