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Réaction officielle du gouvernement éthiopien
C’est la première réaction officielle du gouvernement éthiopien depuis l’arrestation le 22 février d’Antoine Galindo, dont un juge a prolongé samedi la détention jusqu’à sa prochaine comparution le 1er mars. Journaliste de la lettre spécialisée Africa Intelligence, Antoine Galindo, 36 ans, était arrivé en Éthiopie le 13 février pour couvrir le Sommet de l’Union africaine (UA) à Addis Abeba, siège de l’organisation.
Autorisation de couvrir le Sommet de l’UA
Antoine Galindo « avait reçu l’autorisation de couvrir le 37e Sommet » de l’UA, ce qui lui a permis d’entrer en Éthiopie, a expliqué la secrétaire d’État à la Communication, Selamawit Kassa, lors d’un point de presse.
Activités en contradiction avec la raison de sa venue
Sous prétexte de journalisme, dès son arrivée à Addis Abeba, Antoine Galindo s’est livré à des activités en contradiction totale avec la raison de sa venue, notamment la collecte d’informations en lien avec des questions politiques internes », a ajouté Selamawit Kassa.
Violation des conditions d’entrée dans le pays
Antoine Galindo a notamment « entretenu avec des responsables et membres de partis politiques » et « a rencontré des militants des réseaux sociaux et d’autres entités, dont il a obtenu des informations en lien avec les affaires politiques du pays, alors que le but de son voyage était la couverture du Sommet de l’UA, a-t-elle fustigé.
« Tout étranger entrant en Éthiopie pour couvrir le Sommet de l’UA sait qu’il est illégal de travailler sur des sujets hors du motif de l’entrée dans le pays », a souligné Selamawit Kassa.
Réaction d’Africa Intelligence
Africa Intelligence a dénoncé une « arrestation injustifiée » constituant « une grave atteinte à la liberté de la presse », assurant qu’Antoine Galindo, ancien correspondant en Éthiopie pour plusieurs médias internationaux de 2013 à 2017, « disposait d’un visa l’autorisant à exercer son activité de journaliste ».
Mentions sur l’arrestation
Selon une source proche du dossier, Antoine Galindo a été arrêté jeudi après-midi dans la capitale éthiopienne en compagnie d’un responsable du Front de libération oromo (OLF), parti d’opposition légalement enregistré, avec qui il avait rendez-vous. Lors de sa comparution, la police a indiqué le soupçonner de « conspirer en vue de créer le chaos ».
Évolution de la liberté de la presse en Éthiopie
Après des décennies de répression, la liberté de la presse avait fait des progrès spectaculaires à l’arrivée au pouvoir en 2018 de l’actuel Premier ministre Abiy Ahmed qui avait fait libérer plusieurs journalistes et opposants. Mais la situation s’est à nouveau profondément dégradée depuis 2020 et le début de deux ans de guerre contre les autorités dissidentes de l’État régional du Tigré.

