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Une émission en partenariat avec Numerama
Laurent Mauduit, auteur de l’essai « Vous ne me trouverez pas sur Amazon », explique que les Etats généraux de l’information ont été lancés en octobre 2023 par Emmanuel Macron. L’objectif de ces Etats généraux est de proposer un plan d’actions concrètes pour le droit à l’information en France d’ici juin 2024. En effet, la méfiance envers les journalistes ne cesse de croître et la liberté d’informer est fragilisée. Mauduit dénonce la « prédation conduite par les milliardaires sur la presse française » ainsi que son instrumentalisation à but politique par les géants du numérique.
Le rôle des GAFAMs dans la distribution de l’information
Mauduit explique que nous sommes passés dans une autre économie, où les kiosques papier ont vocation à se réduire voire à disparaître au profit des kiosques numériques. Google, en tant que géant du numérique, n’a pas d’obligation de pluralité. Or, la majorité de la population s’informe d’abord sur les réseaux sociaux, où les GAFAMs organisent, éditorialisent et hiérarchisent l’information sans la produire. Cela pose des problèmes de point d’accès et de main mise sur la publicité en ligne, principale source de revenus des médias français.
L’espace numérique : entre opportunité et entrave à la liberté
Mauduit souligne que l’espace numérique offre de nombreux avantages, notamment en permettant de s’affranchir des lourdes conditions de production de la presse et de créer plus facilement un média. Cependant, il dénonce les accords commerciaux secrets entre les GAFAMs, notamment Google, et de grands titres de presse français. Par exemple, Google prend en charge la moitié du prix de l’abonnement à certains journaux la première année, ce qui lui donne accès aux données de toute la presse française et crée des inégalités de traitement. Mauduit refuse la publicité, les subventions publiques et les subventions de Google pour Mediapart, car il considère que cela porte atteinte à la concurrence équitable et renforce la position dominante des puissants.
La fin des médias traditionnels?
La publicité est l’un des principaux modèles de revenus des médias et néomédias, mais la nouvelle génération refuse de payer des abonnements. Cela pose un problème pour la viabilité du modèle des médias. De nouveaux modèles d’affaires, tels que le partenariat, la financiarisation par la publicité et le crowdfunding, se développent en ligne. Cependant, les plateformes de streaming posent des questions de souveraineté et de contrôle de la distribution de l’information. Ces plateformes peuvent restreindre la monétisation et censurer certains contenus sensibles. Nathalie Sonnac affirme que le modèle d’affaires des médias traditionnels vacille, car ils ne parviennent plus à vendre leur information de qualité, tandis que les acteurs du numérique visent uniquement à maximiser leurs profits, sans se soucier de produire une information de qualité.

