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Dirigeants européens déterminés à soutenir l’Ukraine
« Les dirigeants européens sont très déterminés à soutenir l’Ukraine car ce qui est en jeu c’est notre modèle démocratique, nos valeurs fondamentales, celles qui ont fondé le projet européen », estime Charles Michel, président du Conseil européen, invité de France Inter mercredi matin.
Il rappelle que « dans deux semaines », les 27 chefs d’Etat et de gouvernement « vont concentrer beaucoup d’efforts pour prendre des décisions additionnelles de soutien à l’Ukraine, sur le plan financier et militaire, mais également sur le plan politique avec, je l’espère, le démarrage des négociations d’adhésion », à l’occasion d’un sommet UE-Balkans, mi-décembre à Bruxelles.
L’Ukraine résiste malgré les difficultés
« Beaucoup pensaient que l’Ukraine s’effondrerait en quelques jours ou quelques semaines. (…) Elle résiste et, je pense qu’il n’est pas juste de parler d’échec militaire », estime Charles Michel.
Il souligne le franchissement ces dernières semaines par l’armée ukrainienne du fleuve Dniepr, élément stratégique extrêmement important, et le fait que l’Ukraine « a retrouvé le contrôle de ses eaux territoriales dans la Mer noire ».
« On a besoin de nuance sur ce sujet, d’une analyse objective. On voit que sans notre soutien, on n’en serait pas là aujourd’hui et la question n’est pas de savoir s’il faut réduire ce soutien mais comment peut-on accélérer et amplifier ce soutien. »
« Être sérieux sur la défense européenne »
Face à ces difficultés de production de munitions, Charles Michel considère qu’il faut « plus que jamais être sérieux sur la défense européenne, avec des capacités industrielles européennes dans ce secteur ».
Il met notamment en avant le fait que plusieurs pays européens comme la France « ont beaucoup de technologies et une grande capacité » sur le sujet de la défense. « L’enjeu maintenant est de réellement fédérer les pays européens pour construire une capacité de défense européenne », souligne-t-il.
Le président du Conseil européen estime que ces difficultés de production sont sans doute le fait que « pendant des années les pays européens, comptant sur ce qu’on a appelé les dividendes de la paix, ont peut-être moins investi, moins soutenu le développement de nos armées européennes ».
Mais Charles Michel considère que désormais « pour être pris au sérieux et pour être en mesure d’avoir une influence et de protéger nos intérêts, il est important d’avoir des moyens opérationnels de défense et de sécurité ».
« L’Union européenne gagne la bataille des idées »
« Ce qui se passe depuis quelques jours » au Proche-Orient, « c’est la position de l’Union européenne qui est traduite dans la réalité », a également estimé Charles Michel.
Charles Michel assure que les Européens ont été « les premiers à dire avec fermeté le besoin de corridors humanitaires pour libérer les otages ».
Cela démontre, selon lui, que « l’Union européenne gagne la bataille des idées ». Il évoque notamment l’idée d’une « solution à deux États », plaidée par les 27 et qui désormais séduit « de plus en plus » d’États.
Le président du Conseil européen reconnaît que l’Union européenne « ne gagne pas toujours la bataille de la conférence de presse et de la visibilité ». Il tient cela dit à souligner que « l’Europe est le premier partenaire économique d’Israël » et « le premier partenaire pour le soutien humanitaire aux Palestiniens », preuve d’une « ligne équilibrée ».
Le président du Conseil européen salue en effet la manière avec laquelle « les 27 chefs d’États et de gouvernement [européens] ont réagi dans les jours qui ont suivi la terrible et atroce attaque menée par le Hamas » le 7 octobre. Il juge « judicieux » d’avoir « condamné le Hamas, reconnu le droit d’Israël à se défendre, mais cela doit être fait en conformité avec le droit international ».
Charles Michel considère également qu’il « est essentiel pour l’Union européenne d’être cohérente ». « On doit défendre le droit international partout et toujours, qu’il s’agisse de l’Ukraine ou d’autres régions dans le monde », soutient-il.

