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Le rapprochement controversé entre Pitchfork et GQ
“Le fait qu’un média musical, jadis provocateur et indépendant, se retrouve intégré dans un magazine masculin traditionnel a tout d’une décision irréfléchie, ou du moins de mauvais augure pour l’ensemble du journalisme musical”, soutient le critique musical du Washington Post Chris Richards. Nombre de ses collègues de la presse anglo-saxonne s’insurgent également contre une décision qui a fait du bruit mercredi 17 janvier dans le petit monde du journalisme culturel : Pitchfork, le site américain de référence en matière de critique musicale, va être intégré au magazine masculin GQ, tous deux détenus par le même conglomérat médiatique, Condé Nast.
“J’ai détesté et adoré à la fois Pitchfork pendant plus de la moitié de ma vie, mais le chagrin que j’éprouve est tout simple. Je suis furieux de le voir disparaître ainsi”, écrit Chris Richards. Son collègue du magazine américain The Atlantic Spencer Kornhaber estime que “le futur de Pitchfork comporte encore de nombreuses zones d’incertitude, mais les fans de musique ont des raisons de s’inquiéter de la perte de la plus importante publication culturelle du XXIe siècle”, tandis que la journaliste musique du Guardian, Laura Snapes, affirme qu’“à l’évidence, on observe un choc des valeurs, entre un média qui donne la priorité à la critique et un autre qui gravite autour des célébrités”.
Cette colère partagée dans la profession révèle à quel point Pitchfork était un site à part dans le paysage médiatique et culturel anglophone.
Des évolutions
Un site de référence dans le paysage musical
Fondé en 1996 par Ryan Schreiber, un disquaire américain, le site a rapidement évolué au fil des ans pour devenir une publication incontournable dans le domaine de la critique musicale. Pitchfork s’est distingué par le ton provocateur et indépendant de ses critiques, offrant aux lecteurs une perspective unique sur l’industrie musicale.

