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Difficultés majeures pour les médias occidentaux
La guerre entre Israël et le Hamas pose de grandes difficultés aux grands médias occidentaux, les obligeant à redoubler de prudence. La présidente de la branche info de la BBC, Deborah Turness, souligne que cette guerre est l’une des histoires les plus complexes et les plus clivantes qu’ils aient jamais couvertes.
Impossibilité d’aller sur le terrain à Gaza
La première difficulté majeure concerne l’impossibilité pour les journalistes étrangers d’aller à Gaza en raison du blocus par Israël et de l’absence d’accès via l’Egypte. Les journalistes palestiniens sont les seuls sur place, mais ils sont limités par les bombardements ou les pénuries.
Selon leur syndicat, 22 journalistes ont été tués dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre.
Pression des réseaux sociaux et opinions publiques chauffées à blanc
Une autre difficulté majeure provient de la pression des réseaux sociaux et des opinions publiques déjà très divisées. Les médias doivent faire face à la diffusion rapide d’informations non vérifiées, ce qui peut compromettre leur crédibilité. De plus, la moindre affirmation ou image peut devenir virale et susciter des accusations de partialité.
Dépendance des médias vis-à-vis des sources officielles
En raison de l’impossibilité d’accéder directement à Gaza, les médias se voient contraints de dépendre davantage « des sources officielles » de chaque partie, sans pouvoir vérifier leur véracité, selon la Fédération internationale des journalistes (FIJ).
L’exemple de l’hôpital Ahli Arab à Gaza
L’exemple de l’hôpital Ahli Arab à Gaza illustre cette dépendance des médias aux sources officielles. De nombreux médias ont repris des affirmations du ministère de la Santé du Hamas selon lesquelles « 200 à 300 » personnes avaient été tuées dans une frappe sur cet hôpital attribuée à Israël. Israël a démenti et affirmé qu’il s’agissait d’un « tir de roquette raté » du mouvement palestinien Jihad islamique. Les médias ont ensuite penché pour cette version, mais sans certitude ni sur la responsabilité ni sur le nombre de victimes.
Impact sur le traitement médiatique
Ces difficultés ont poussé certains médias à reconnaître leurs erreurs, comme le New York Times et Le Monde qui ont fait un mea culpa public, admettant avoir manqué de prudence dans leurs premières versions de la couverture du conflit.
Contraintes sur le vocabulaire
Les médias se fixent des consignes internes sur les mots à utiliser et à éviter. Certains termes particulièrement sensibles, tels que « terrorisme » et « terroriste », font l’objet de débats. La BBC et l’AFP ont adopté une politique consistant à n’utiliser ces termes que dans des citations sans les endosser.

