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Le journaliste et l’assassin : mettre en mots le malaise moral
Le livre culte de Janet Malcolm, Le journaliste et l’assassin, publié aux États-Unis en 1989, explore le malaise moral d’un journaliste vis-à-vis de son sujet. Il soulève des questions sur la déontologie journalistique, la duplicité nécessaire pour mener une enquête et les limites de la liberté d’expression. Le livre interroge également la construction d’un personnage de roman à partir de faits réels.
Le pacte étrange entre un journaliste et un accusé de meurtre
L’histoire racontée par Janet Malcolm dans Le journaliste et l’assassin est celle d’un journaliste à succès américain qui conclut un accord avec un homme accusé du meurtre de sa femme et de ses enfants. En échange d’une exclusivité sur l’histoire, le journaliste s’engage à jouer un rôle important dans la défense de l’accusé et à partager les bénéfices du livre. Ce pacte met en lumière les relations complexes entre les journalistes et leurs sujets, ainsi que l’impact de la littérature sur la réalité.
À chacun sa déontologie
Ariane Chemin, journaliste et autrice, souligne l’intérêt du livre de Janet Malcolm en raison de sa réflexion sur la déontologie journalistique. Elle met en évidence les questionnements moraux auxquels les journalistes sont confrontés lors de leurs enquêtes. Chacun élabore sa propre déontologie et se pose des questions sur la véracité des informations, le choix des témoins et les conséquences de ses écrits.
Un thriller intellectuel
Adrien Bosc, éditeur, explique que Le journaliste et l’assassin est un livre passionnant car il aborde l’acte d’écrire de manière psychanalytique. Janet Malcolm remet en question la notion de vérité absolue et explore les multiples approches de la réalité. Le livre est décrit comme un thriller intellectuel qui captive par son style d’écriture proche des moralistes et ses réflexions sur l’éthique journalistique.
La note vocale
Christophe pose la question suivante à Ariane Chemin et Adrien Bosc : selon Janet Malcolm, l’acte du journaliste est moralement indéfendable et celui-ci finit toujours par trahir son sujet d’étude. Adrien Bosc souligne que Janet Malcolm dissèque l’acte d’écrire de manière implacable et offre une méditation sur l’art du journalisme. Elle compare le journaliste à un assassin indéfendable et le biographe à un cambrioleur, mettant en évidence la complexité et les limites de ces pratiques.
Le grand Jeu des pages musicales
À la fin de chaque émission, le « Book Club » propose un jeu des pages musicales où les auditeurs peuvent partager des extraits de leurs lectures qui évoquent des morceaux de musique. Les participants sont invités à envoyer ces extraits via Instagram ou par e-mail.
Archive
Janet Malcolm a été interviewée par CBS radio en 2008.
Références musicales
Le podcast mentionne les morceaux Hey Lou de Lewis Ofman, Speechless lately de Martyna Basta et La passion selon Saint-Jean de Bach.
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