Sommaire :
Madeleine Chapsal, une écrivaine populaire
Madeleine Chapsal était chez elle en Charente-Maritime, de Saintes à l’Ile de Ré. Elle est décédée dans la nuit de lundi à mardi à l’âge de 98 ans. Elle était devenue une écrivaine parmi les plus populaires, après avoir vécu de près, au côté de son ex-mari Jean-Jacques Servan-Schreiber, le lancement de L’Express en 1953.
Un amour pour la Charente-Maritime
Madeleine Chapsal, écrivaine de renom, est née à Paris en 1925, mais elle entretenait une relation intime avec la Charente-Maritime. Elle a notamment habité à Saintes, dans l’immeuble familial, au 6 rue de la Saint-Maur, du début des années 1980 jusqu’en 2019. Dans la ville, ses voisins gardent un doux souvenir de sa présence. « Pour nous, c’était la reine qui arrivait, même sans qu’elle le sache. C’était tellement simple de parler avec elle, il fallait juste la croiser », raconte Ludovic Beau.
Ses livres à Saintes
Rue Saint-Maur, elle aura écrit La maison de Jade, l’un de ses best-sellers avec 700.000 exemplaires vendus, et L’inondation, en 1994, qui raconte la montée des eaux à Saintes en janvier 1992. Un évènement dont elle s’est inspirée pour raconter la réalité, comme elle le faisait pour chacune de ses publications.
La perception des gens, la curiosité malsaine de ceux qui viennent voir le malheur des autres. Et ça, ça m’a beaucoup choqué parce qu’actuellement encore, j’en ai vu ce week-end faire la même chose.
Alain RogerVoisin de Madeleine Chapsal à Saintes
Un investissement dans la ville de Saintes
En 2014, elle s’investit dans la ville et organise les dix ans du marché romanesque. « C’est une autrice qui a contribué véritablement au renom de la ville de Saintes, elle faisait venir des romanciers mais aussi des journalistes », explique Véronique Cambon, adjointe au maire de Saintes. Enfin, c’est une certitude pour tous, Madeleine Chapsal « aimait cette ville et les gens la respectaient à Saintes », commente le maire de la ville, Bruno Drapeau.
Une carrière d’écrivaine prolifique
Cette romancière de l’amour et de ses tourments a surtout écrit des romans mais aussi des récits, des essais, des livres pour la jeunesse, du théâtre et de la poésie. Elle a publié une centaine de livres, parmi lesquels « L’Homme de ma vie », récit de son histoire avec Jean-Jacques Servan-Schreiber, aux côtés duquel elle a vécu le lancement de « L’Express ». Après son divorce en 1960, elle est restée à L’Express jusqu’au début des années 70. Elle y devient une critique littéraire réputée, connue entre autres pour de mémorables entretiens avec des figures comme Jorge Luis Borges, Jean Giono, Henry Miller ou Claude Lévi-Strauss.
Une plume singulière
Après son éviction du magazine, elle se lance à corps perdu dans l’écriture, surtout de fictions. Romantique, impudique, mélancolique, elle s’impose vite comme une efficace analyste des passions, davantage militante de la féminité que du féminisme. « J’écris tous les matins, je ne construis rien, cela me vient la nuit : je suis écrite », disait-elle, admettant avec humour écrire un roman chaque fois que « quelque chose (lui) arrivait ». Elle est souvent là où on ne l’attend pas, écrivant, parfois avant tout le monde, sur le sida, la maladie d’Alzheimer ou la chirurgie esthétique.
Une écriture proche de ses lecteurs
« J’aime briser des tabous mais je le fais avec une forme de féminité et de douceur », soulignait cette femme à la silhouette mince et à la chevelure longtemps flamboyante. Madeleine Chapsal se qualifiait d' »indéfectible amoureuse ». Elle écrit aussi les sentiments ressentis par son public. « Les gens qui me lisent disent que j’écris ce qu’ils ressentent, que je leur donne les mots qu’ils n’ont pas trouvés. » Jurée du prix Femina à partir de 1981, elle en est brutalement exclue en 2006 pour avoir dénoncé les conditions d’attribution du prix 2005, trop favorables, selon elle, aux éditions Gallimard. Bien sûr, l’autrice en avait tiré un livre, « L’Exclusion ».
L’héritage familial
Et ce, à l’image de son grand-père, Fernand Chapsal, qui aura été durant 20 ans, le maire de Saintes, mais aussi ministre de l’Agriculture, ministre du Commerce et sénateur de la Charente-Maritime. Cet ancrage lui a laissé de nombreux souvenirs d’enfance dans le département où elle passait des vacances en famille à Pontaillac, à l’ouest de Royan. Sûrement l’une des raisons pour lesquelles, elle avait fait construire une maison sur l’Ile de Ré. Un havre de paix où elle aimait aller pour pouvoir se baigner, quelque soit la saison.

