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Faire et défaire les pages du journal : le quotidien des journalistes
Faire et défaire les pages du journal, c’est le quotidien des journalistes, qui s’adaptent à l’actualité locale, nationale et internationale, tout au fil de la journée jusqu’au bouclage. On vous explique comment on travaille, en s’appuyant notamment sur les différents journaux qui composent le groupe de presse Centre France, d’Orléans à Limoges, en passant par Clermont-Ferrand ou encore Auxerre. Pour en faire une force.
Le processus de création d’un journal papier
Le journal papier que vous avez entre les mains le matin est le fruit, la veille, de multiples échanges, arbitrages, remue-ménage et méninges. En voici les coulisses.
Donner de la densité
Concrètement ? Lorsque le sujet le mérite et concerne tout le territoire, nous pouvons ainsi le porter en pages 2 et 3, dès votre entrée de journal, en proposant divers éclairages locaux et en lui donnant ainsi une tout autre densité. C’était le cas lundi 2 octobre dernier, par exemple, à l’occasion du lancement de la campagne vaccinale contre le Covid.
La presse écrite a un rôle éminent à jouer pour que l’émotion ne supplante pas la réflexion
Tandis que le « lead » (le papier principal, dans notre jargon) déroulait des informations pratiques locales, chaque lecteur pouvait aussi lire l’interview d’un immunologue sur la situation épidémiologique, afin de prendre un peu de recul et accéder au sujet sous un autre angle.
Un rôle démocratique
Recul d’autant plus nécessaire quand l’actualité se fait anxiogène, ce qui ne manque pas ces derniers temps. Lorsque l’attentat d’Arras, où un professeur a perdu la vie le 13 octobre dernier, survient, choix est fait de traiter ce sujet en ouverture du journal. Mais au-delà de l’information sur les faits, si difficiles à absorber lorsqu’ils tournent en boucle sur les chaînes d’info en continu, la presse écrite a un rôle éminent à jouer pour décrypter, initier une réflexion, apaiser aussi, sans doute, pour que l’émotion ne supplante pas la raison. Au fond, son rôle est démocratique. Le groupe Centre France en a, chaque jour, conscience.
Angoisse, trop-plein, ras-le-bol de l’hystérie des débats … « Je ne regarde plus les infos »
Si un gros événement se passe chez nous
Autre illustration de ces dossiers partagés que vous trouvez en pages 2 et 3 (voire 4) de votre journal : le séisme au Maroc, le 8 septembre dernier. À cette occasion, les différents titres du groupe ont pu apporter les témoignages de leur communauté marocaine locale puis, quelques jours plus tard, fournir des informations pratiques pour aider les sinistrés depuis la France. Par ailleurs, lorsqu’un évènement important se produit sur notre zone de diffusion (visite présidentielle, fait divers retentissant, inauguration d’un site stratégique…), l’article écrit par nos journalistes sur place « remonte » en pages France & Monde (celles que vous avez en fin de votre journal et qui sont communes à tous les quotidiens du groupe Centre France), afin que chaque lecteur puisse être informé via nos propres contenus.
Faire, défaire, refaire
Bien entendu, en matière d’actualité chaude, ce qui a été projeté le matin peut être bouleversé à midi, 16 heures comme 20 heures, par la survenue d’une actualité plus forte encore. Et il faut alors repenser l’architecture des pages. Faire, défaire… et refaire cette patiente alchimie qui dessine, au petit matin, un journal.
Florence Chédotal

