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Aides à la presse et dépendance financière
Les aides à la presse sont publiées par le ministère de la culture mais avec en général deux ans de retard. Les dernières publiées sont celles de l’année 2022 publiées en septembre 2023. Le problème de ces subventions est double.
Dépendance financière et influence éditoriale
D’une part, ces subventions impliquent une certaine dépendance financière vis-à-vis de l’État qui peut se traduire au niveau éditorial. En étant dépendants des fonds publics, les médias subventionnés pourraient être incités à prendre en compte les attentes et les intérêts de l’État dans le traitement de l’information.
Subventions pour les titres détenus par des milliardaires
D’autre part, des titres dont les propriétaires sont des milliardaires se retrouvent subventionnés avec nos impôts. Par exemple, les titres des groupes de presse de Bernard Arnault, considéré comme l’homme le plus riche du monde en 2023, sont subventionnés. Le magazine Challenge mentionne notamment Aujourd’hui, Le Parisien et Les Échos parmi les titres bénéficiaires. Le journal Aujourd’hui la France est même en tête du classement des subventions reçues.
Différences entre presse écrite et webmédia
Les aides à la presse concernent uniquement la presse écrite, les médias en ligne ne bénéficiant pas de soutien financier de l’État, malgré les appels réguliers de Médipart. Une exception en Bretagne est le webmédia KUB Kultur Bretagne, qui reçoit une subvention de l’ordre de 200 000 euros par an de la part de la région. Cependant, il est à souligner que les raisons pour lesquelles KUB Kultur Bretagne a obtenu cette subvention, alors que d’autres webmédias ne sont pas soutenus, ne sont pas clairement mentionnées.
Incohérences et opacité des données
Le dossier des aides à la presse pose plusieurs problèmes. Tout d’abord, le cumul de toutes les subventions depuis 2014 dans un seul fichier Excel est considéré comme absurde et peu pratique. De plus, des disparitions soudaines d’entrées dans ce fichier sont relevées, ce qui soulève des questions sur la transparence et la gestion des données. Enfin, il est noté que la publication des données année par année par le ministère de la culture semble compliquer l’accès à l’information.
Subventions accordées en Bretagne
La plus grosse subvention d’État pour 2022 en Bretagne revient comme d’habitude à Ouest-France, avec un montant de 2 003 382 euros pour 222 193 126 exemplaires par an. Cependant, dans un message sur LinkedIn, le rédacteur en chef délégué du quotidien, Cyril Petit, mentionne que le montant total des subventions est de 2 centimes par exemplaire, soit un montant de 4 443 862 euros de subventions. Un écart important par rapport aux données du ministère de la culture. En deuxième position en Bretagne, on retrouve Presse Océan, également du groupe Ouest-France, avec 1,3 million d’euros de subventions. Le Télégramme arrive quant à lui en troisième position en Bretagne et en 17e position au niveau national.
Des journaux bretons tels que Le Paysan Breton, le magazine BRETONS, LE TREGOR, LE POHER et Le Peuple Breton reçoivent des subventions beaucoup plus faibles, allant de 4084 euros à 25 000 euros, soit près de 1000 fois moins que Ouest-France.
Subvention pour la presse en langue régionale
Le seul journal en breton, l’hebdomadaire YA!, reçoit une subvention de 4190 euros grâce à un décret qui permet de soutenir les titres de la presse hebdomadaire rédigés dans une langue régionale.

