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Le gouvernement sud-coréen et la censure des médias
Procès en diffamation, licenciements de journalistes et suppression de programmes : l’impopulaire gouvernement du président conservateur sud-coréen, Yoon Suk-yeol, élu en 2022, renoue avec les pratiques passées de censure et de contrôle des médias, qu’il justifie par une lutte contre les « fake news ». M. Yoon a ainsi rejeté, vendredi 1er décembre, un projet de loi voté par l’opposition démocrate – majoritaire à l’assemblée nationale – destiné à limiter l’interventionnisme de l’Etat dans l’audiovisuel public. « La répression est à tous les niveaux. La liberté d’expression est gravement menacée en Corée du Sud », s’inquiète Choo Chin-woo, un célèbre journaliste d’investigation.
La suppression de l’émission « Choo Chin-woo Live »
Ses enquêtes, autrefois menées en étroite collaboration avec M. Yoon du temps où il était procureur et revendiquait une neutralité politique, ont conduit en prison pour corruption et abus de pouvoir les présidents conservateurs Lee Myung-bak (2008-2013) et Park Geun-hye (2013-2017). Pourtant, son émission politique quotidienne, le « Choo Chin-woo Live », a été subitement supprimée de la grille du groupe audiovisuel public, KBS.
Le durcissement à KBS
Cette décision a été annoncée dès l’entrée en fonctions, le 14 novembre, du nouveau président de KBS, Park Min. Ce dernier a aussi renvoyé Lee So-jung, le présentateur de « KBS News 9 » et remplacé l’équipe de l’émission « The Live » ainsi que 70 cadres. Un durcissement qui semble répondre aux souhaits du Parti du pouvoir populaire, la formation du président). « Le remplacement d’animateurs considérés comme problématiques ne peut avoir été décidé que sous pression extérieure », confirme Kim Seo-joong, professeur de radiodiffusion à l’université de Sungkonghoe, qui a déjà siégé au conseil d’administration de KBS.
La dérive de M. Yoon et ses restrictions envers les médias
La reprise en mains musclée de KBS témoigne d’une dérive qui contraste avec les débuts de M. Yoon à la présidence : il avait ainsi été le premier dirigeant sud-coréen à autoriser les journalistes à lui poser des questions lorsqu’il arrivait à son bureau le matin. Mais cette ouverture n’a pas duré. Ainsi, lors de la participation de M. Yoon à une conférence à New York en septembre 2022, la chaîne publique MBC a été accusée de vouloir fragiliser l’alliance avec Washington après avoir diffusé un enregistrement dans lequel le président semblait insulter les élus du Congrès américain. La présidence a nié tout propos malveillant. Deux mois plus tard, M. Yoon interdisait aux journalistes de MBC l’accès à l’avion présidentiel pour un déplacement en Asie du Sud-Est.
Projet d’agence contre les fausses informations
La reprise en mains musclée de KBS témoigne d’une dérive qui contraste avec les débuts de M. Yoon à la présidence : il avait ainsi été le premier dirigeant sud-coréen à autoriser les journalistes à lui poser des questions lorsqu’il arrivait à son bureau le matin. Mais cette ouverture n’a pas duré. Ainsi, lors de la participation de M. Yoon à une conférence à New York en septembre 2022, la chaîne publique MBC a été accusée de vouloir fragiliser l’alliance avec Washington après avoir diffusé un enregistrement dans lequel le président semblait insulter les élus du Congrès américain. La présidence a nié tout propos malveillant. Deux mois plus tard, M. Yoon interdisait aux journalistes de MBC l’accès à l’avion présidentiel pour un déplacement en Asie du Sud-Est.

