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Réacheminement des passagers indiens bloqués à l’aéroport
Les autorités françaises espèrent obtenir « lundi matin au plus tard » les autorisations pour réacheminer en avion les passagers indiens confinés depuis jeudi soir dans un aéroport de la Marne, à environ 130 km à l’est de Paris, après l’immobilisation de leur appareil sur fond de soupçons de traite d’êtres humains.
Le parquet de Paris a autorisé l’avion à repartir, permettant ainsi le réacheminement des passagers placés en zone d’attente dans l’aéroport, ont annoncé les autorités locales dans un communiqué.
Les autorités s’efforcent d’obtenir les autorisations nécessaires au redécollage de l’avion, ce qui devrait survenir au plus tard lundi matin, ont-elles ajouté.
Contactée par l’AFP, la préfecture n’a donné aucune précision sur la date de départ et sur la destination envisagée. Toutefois, l’appareil et ses passagers repartiraient vers l’Inde, a déclaré un magistrat local, François Procureur, lors d’un point de presse, information qu’il dit tenir des avocats de l’État.
Maintien en zone d’attente
Un départ rapide de ces Indiens, dont deux sont toujours en garde à vue, est d’autant plus probable que la justice a annulé dimanche, pour trois d’entre eux, la procédure de maintien depuis trois jours dans le hall de l’aéroport. Dans la foulée, les douanes ont renoncé à la procédure pour les autres passagers.
Il apparaît notamment, selon une ordonnance d’une juge des libertés et de la détention (JLD) consultée par l’AFP, que les passagers ont été retenus plusieurs heures sans en connaître les motifs en début de procédure et sans être informés de leurs droits dans un délai raisonnable, ce qui constitue une atteinte disproportionnée aux droits de la personne.
Plusieurs JLD avaient été mobilisés dimanche pour une opération d’envergure à la veille de Noël à l’intérieur d’un bâtiment adjacent à l’aérogare afin de se prononcer sur le maintien en zone d’attente de ces passagers.
Enquête en cours
L’enquête, menée par la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (JUNALCO), vise à vérifier si des éléments viendraient corroborer les soupçons de traite d’êtres humains, selon le parquet.
Deux gardes à vue commencées vendredi étaient toujours en cours dimanche, a indiqué le parquet de Paris à l’AFP. Elles visent à vérifier si le rôle de ces deux personnes a pu être différent de celui des autres.
Dix demandes d’asile avaient par ailleurs été déposées samedi en fin d’après-midi, selon une source proche du dossier. Des représentants de l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) étaient présents dimanche.
Situation des passagers dans la zone d’attente de l’aéroport
La préfecture de la Marne précise que des lits individuels, des toilettes et des douches ont été installés dans la zone d’attente de l’aéroport et qu’une zone « famille » pour assurer l’intimité parent-enfant, a été mise en place.
Cependant, Me Procureur s’est ému de problèmes d’exiguïté et de mauvaises conditions de vie dans cette zone créée par arrêté préfectoral jeudi soir.
D’après le site spécialisé Flightradar, Legend Airlines, qui affrétait l’avion immobilisé, est une petite compagnie dont la flotte est composée de quatre avions, dont deux A340-313.

